L'ethnomédecine chinoise
Toutes les ethnomédecines (qu’elle soit chinoise, tibétaine, indienne, amérindienne...) consacrent une importance particulière à la prévention ainsi qu’à la prise en compte de l’être humain dans sa globalité et dans sa relation au monde. Elles sont anciennes et reposent sur des théories fondamentales construites par l’observation, les connaissances et l’expérience au fil du temps. Elles suivent une démarche naturaliste et humaniste. Elles sont utilisées par les deux tiers de la population mondiale.
L'ethnomédecine chinoise (ou médecine traditionnelle chinoise) est basée sur 3 courants philosophiques, qui évalue la santé selon 3 dimensions (comme le rappelle l’OMS en 1946) : physique (matière), mentale (conscience) et sociale (énergie, fonctions). Elle est une tradition vivante (orale et écrite depuis près de 3500 ans), ouverte et organisée et partage les principes d’Hippocrate. Elle appartient au patrimoine culturel et scientifique de l’humanité. Son efficacité lui a permis de traverser les siècles et ses possibilités d’application sur le terrain l’ont amenée à se développer hors de Chine pour gagner progressivement toutes les régions du monde (elle est utilisée, aujourd’hui, par plus du quart de la population mondiale).
Elle est une approche généraliste, de première intention, qui permet d’aider à prévenir ou résoudre une problématique de santé.
Ses principaux outils

Zhen Jiu
C'est l'usage d'aiguilles fines, pleines ("sèches") et souples (Zhen en chinois), à poser le long des méridiens, là où circule l'énergie. Cela consiste à stimuler différentes zones, selon les préceptes de l'ethnomédecine chinoise, pour activer des processus physiques et aider "l'intelligence du corps". C'est un outil qui offre un large champ d'actions. Les aiguilles sont stérilisées et à usage unique.
Ces aiguilles sont souvent utilisées conjointement à une source de chaleur, provenant de la combustion de plantes séchées (velours d'armoise), notamment pour apporter de l'énergie, chasser le froid ou aider à faire circuler... Cette technique s'appelle Jiu (moxibustion).

Qi Gong, Tui Na
Le Qi Gong : C'est l'usage du mouvement en pleine présence. Cela consiste à se concentrer, dans le même temps, sur sa posture, ses gestes, sa respiration et à ressentir l'énergie qui circule à l'intérieur de soi. C'est un travail qui permet de déveloper ses compétences et son autonomie. C'est un outil pour agir sur sa propre énergie, souvent utilisé en prévention mais pas seulement.
Le Tui Na : C'est l'usage des membres supérieurs pour masser des zones plus ou moins superficielles et stimuler l'énergie. Il existe de nombreuses techniques manuelles. Parfois, le praticien peut recourir à des ustensiles comme les ventouses, le marteau à fleurs de prunier, le Gua Sha etc...

Zhong Yao
C'est la recommendation de substances (plantes principalement) sur la base des connaissances développées par l'ethnomédecine chinoise. Les plantes présentent des potentialités qui sont fonction de leurs différentes propriétés physiques : la forme, la couleur, la densité, la partie utilisée, l'odeur, la saveur, la nature (propriété thermique), le tropisme, la tendance directionnelle (mouvement énergétique engendré), le mode de préparation et la combinaison avec d'autres substances.
Son efficacité
Elle réside en la réunion de plusieurs facteurs dans un « tout cohérent » :
- Une analyse systémique (compréhension) de la problématique, qui s’inscrit dans un cadre clairement défini (celui de l’ethnomédecine chinoise), qui repose sur l’observation, l’écoute et le toucher. Elle est causale, personnalisée, compréhensible et permet un suivi qualitatif dans le temps.
- Un principe d'action qui répond à la conclusion de l’analyse.
- Le choix et la bonne utilisation des outils (qui lui sont propres) pour répondre au mieux à ce principe et apporter une solution naturelle, adaptée à l’usager.
- Des conseils de santé personnalisés pour s’inscrire dans la durée, en prévenant l’apparition (ou l’aggravation) de maladies, en responsabilisant l’individu et en visant son autonomie.
- L’expérience héritée de la tradition et acquise par le praticien dans le temps.
- Une approche complémentaire à la médecine conventionnelle (dite moderne ou de culture occidentale).
- La confiance de l’usager en ses propres ressources et en cette ethnomédecine.
